Conseil municipal du 18 juin : patrimoine, budget, publicité… nous demandons une vision de long terme.
Lors du conseil municipal du 18 juin, plusieurs décisions importantes concernaient les finances et le patrimoine de la Ville.Cession de près de 24 000 m² de foncier communal, devenir de 272 logements, nouvelles perspectives de ventes, contrat publicitaire sur 18 ans, excédent budgétaire important : nous avons défendu une même exigence, celle d’une stratégie claire, transparente et construite sur le long terme.Cession à IN’LI : une décision majeure sans garanties suffisantesLe principal dossier de ce conseil concernait la cession à IN’LI de 23 639 m² de foncier communal, comprenant 272 logements, pour un montant de 25,75 millions d’euros. Nous avons voté contre cette vente.Nous ne contestons pas la nécessité de transformer et rénover ce site. Mais cette nécessité ne justifie pas, à elle seule, la vente définitive du foncier communal.Nous avons demandé quelles alternatives avaient réellement été étudiées, quelles garanties permettraient à la Ville de conserver une maîtrise sur le devenir du site et quelle utilisation serait faite des 25,75 millions d’euros issus de cette vente.Surtout, nous avons insisté sur le devenir des habitants des 272 logements concernés : maintien dans les lieux lorsque cela est possible, conditions d’un éventuel relogement, accompagnement pendant les travaux et concertation sur le futur projet.Sur ce point essentiel, nos demandes de garanties formalisées n’ont pas obtenu de réponse satisfaisante.Les échanges ont été particulièrement vifs sur les alternatives à la vente et les garanties apportées aux habitants.Vendre un patrimoine aussi important est une décision irréversible. Elle aurait dû être précédée d’une véritable étude des alternatives et de garanties beaucoup plus solides.Patrimoine municipal : quelle stratégie derrière les cessions successives ?Le Conseil a également examiné le changement de destination de deux maisons municipales situées 30 et 30 bis rue des Vignobles, ouvrant notamment la voie à leur future cession. Nous nous sommes abstenus.Pris isolément, chaque projet peut trouver une justification. Mais leur succession pose une question plus large : quelle est la stratégie de la Ville pour son patrimoine et son foncier ?Quels biens souhaite-t-elle conserver ? Quels besoins futurs ont été anticipés ? Quelle place réserver demain à des équipements publics, des associations, du logement abordable ou de nouveaux services ?Nous demandons une vision globale et à long terme, plutôt qu’une succession de décisions prises bien par bien.Publicité : protéger le cadre de vie avant de s’engager pour 18 ansNous avons voté en faveur du lancement d’un nouveau Règlement Local de Publicité, tout en exprimant notre vigilance face au risque d’un accroissement de la pression publicitaire et d’un enlaidissement de la ville, notamment du centre-ville.Dans le même conseil, la majorité proposait de lancer une concession de mobilier urbain publicitaire pour une durée de 18 ans. Nous nous sommes abstenus.Cette durée, équivalente à trois mandats municipaux, nous paraît particulièrement longue alors même que la Ville commence seulement à définir sa future politique en matière de publicité.Définissons d’abord clairement le cadre que nous voulons pour Chatou avant d’engager la ville pour près de deux décennies.Budget : 4,5 millions d’euros d’excédent, mais pour faire quoi ?Les comptes 2025 font apparaître un excédent de fonctionnement de 4,5 millions d’euros.Nous avons rappelé qu’un excédent n’est évidemment pas un problème en soi. Mais lorsqu’il atteint près de 10 % du budget primitif, il interroge sur la capacité à prévoir les besoins au plus juste et à mobiliser les moyens disponibles au bon moment.La majorité assume d’ailleurs un budget construit de manière très prudente sur les recettes et pessimiste sur les dépenses. Pour nous, cette prudence doit avoir une limite : l’argent public a vocation à être utilisé pour répondre aux besoins des habitants.Nous avons donné un exemple concret : une partie de ces marges aurait pu permettre d’augmenter la part de produits biologiques dans les cantines et les crèches, plutôt que de limiter cette ambition pour des raisons de coût.Une bonne gestion ne se mesure pas seulement au niveau des excédents. Elle se mesure aussi à notre capacité à transformer les moyens disponibles en services et en projets utiles aux habitants.Nous continuerons à défendre une gestion rigoureuse, mais aussi une vision à long terme du patrimoine communal et une utilisation des moyens de la Ville au service de tous les Catoviens.
